ENFR
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Œil

Ouvrages de physique et de biologie issus des archives du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). 
81 x 54 cm - 31,5 x 21 pouces - 2015





Métamorphique


S’appuyant sur des manuels de physique et de biologie mis au rebut dans les archives du CNRS, la série Métamorphique explore l'obsolescence matérielle du papier comme métaphore des processus psychologiques d'effacement et de persistance. Le terme « métamorphique » est emprunté à la géologie, où les roches subissent de profondes transformations structurelles sous l’effet de la pression et de la chaleur.

Ce projet examine les implications de l’obsolescence du papier comme support d’information, interrogeant le devenir du savoir lorsque son support physique est jugé superflu. Avec la numérisation des archives scientifiques et la mise au rebut de leurs originaux papier, ces livres – jadis vecteurs de découverte et d’apprentissage – entrent dans un état entre déchet et potentiel. L’œuvre explore de nouvelles dimensions de la lecture, où la matérialité de la page supplante son contenu textuel, où l’acte de plier devient une forme de réinterprétation, où l’obsolescence se mue en résurrection, et où la fin d’un cycle de vie marque le début d’un autre.

Ce processus métamorphique opère comme une forme de mnémoplastie – sculptant la mémoire elle-même. Le savoir scientifique, loin de disparaître, subit une transformation mnésique. Chaque pli consolide ce que le livre conserve de sa fonction première, créant des traces stratifiées qui résistent à l'effacement complet. Ce qui apparaît comme une obsolescence matérielle se révèle être une hypermnésie : l'archive mise au rebut se souvient plus intensément, par sa transformation physique, qu'elle ne l'a jamais fait en tant que texte consulté.





Rivière

Ouvrages de physique et de biologie issus des archives du CNRS. 
80 x 80 cm - 31,5 x 31,5 pouces - 2015





Chute

Ouvrages de physique et de biologie issus des archives du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). 
50 x 50 cm - 20 x 20 pouces - 2014













Météorites

Ouvrages de physique et de biologie issus des archives du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). 
52 x 32 cm - 20,5 x 12,5 pouces - 2015





Chronotopique


La série Chronotopique explore l'intersection de l'espace et du temps à travers la transformation de la matière. Le terme « chronotopique » renvoie à la fusion des dimensions temporelle et spatiale – un concept emprunté à la théorie de la relativité – où les cartes géographiques deviennent des réceptacles de mémoire, leurs plis enregistrant à la fois les voyages entrepris et le passage du temps lui-même.

Chaque pli devient un chronotope : un point de convergence où la distance parcourue et le temps vécu se condensent en un seul point. Les cartes, marquées par des plis répétés, portent les traces d'innombrables itinéraires, transformant l'espace cartographique en un support pour les expériences vécues, porteuses d'information et évoquant la théorie de la mémoire quantique.

L'œuvre explore comment la mémoire se sédimente dans la matière, comment l'espace se courbe sous le poids du temps, et comment cet acte de courbure devient une méditation sur la relativité.













Discordantique


Née d'une période de bouleversements personnels, la série Discordantique explore les notions de destruction et de reconstruction à travers le phénomène géologique de la discordance : la rencontre de couches rocheuses d'âges et d'origines très différents, séparées par l'érosion, le temps et les forces tectoniques. Le terme « discordance » désigne la surface qui sépare deux séquences de strates aux histoires distinctes, une rupture dans la continuité géologique qui, paradoxalement, crée de nouvelles formations en reliant des fragments temporels disparates.

Cette série est née de la déconstruction d'œuvres insatisfaisantes, ratées, issues d'une période chaotique. La toile s'est brisée, ses fragments dispersés comme des plaques tectoniques après une rupture. Plus tard, certains morceaux ont été déformés, d'autres réassemblés en deux nouvelles compositions, créant un assemblage de mémoire et de matière. À ces fragments s'ajoutèrent des pages du Jikji coréen, texte bouddhiste et premier livre imprimé de l'histoire (1377), comme pour suturer la plaie – dans l'esprit du kintsugi, l'art japonais de réparer les céramiques brisées à l'or, où la réparation célèbre la fracture plutôt que de l'effacer.

L'œuvre ne dissimule pas son histoire de fragmentation, mais la célèbre, rendant visibles les discordances – les ruptures, les intervalles manquants, les transitions abruptes entre des époques incompatibles. Ce qui émerge n'est ni la restauration de l'original ni son effacement complet, mais un troisième état : une stratigraphie discordante où traumatisme personnel et mémoire historique, destruction et réparation, passé et présent convergent sur une même surface. Dans ces discordances réside non pas la faiblesse, mais la résilience : la capacité de maintenir ensemble des temporalités contradictoires, de faire jaillir la beauté de la discontinuité, de transformer la violence de la rupture en une création nouvelle.










Orogenèse

Pages de livres et cartes - encre
2017-2018







Discordance - 지질학적 부정합

Papier Hanji coréen (feuilles de mûrier) et pages du Jikji - 직지 (Livre d'enseignement bouddhistele), premier livre imprimé en caractères métalliques de l'histoire. 
81 x 54 cm - 31,5 x 21 pouces - 2024





Noyau - 핵심

Pages de Jikji - 직지 (Livre d'enseignement bouddhistele), premier livre imprimé en caractères métalliques de l'histoire.
80 x 80 cm - 2024




Trou noir - coupe

Ouvrages de physique et de biologie issus des archives du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). 50 x 50 cm - 2024





Régénératique


La série « Régénératique » explore les cycles de régénération à travers des interventions de land art qui réintègrent symboliquement le papier dans le monde organique dont il est issu. Le terme « régénératique » désigne des processus qui non seulement évitent de nuire, mais restaurent activement les écosystèmes, allant au-delà de la simple durabilité pour créer un impact écologique positif.

Replanter les livres, Jeter l'encre, Retrouver la mémoire (2021), créée pour le festival de land art de Lieurac en Ariège, réintègre symboliquement les livres dans la terre dont provient leur papier. 
« Fugue de papier » (2019) – des partitions musicales pliées puis collées sur des troncs de hêtres à Finieyrols, dans l'Aubrac – crée des notations éphémères sur l'écorce, comme un retour aux sources.

Ces interventions sont ensuite retirées car l'encre et la colle ne sont pas biodégradables ; elles n'ont qu'une valeur symbolique et éphémère, soulignant ainsi le problème de la complexité des matériaux qui rend impossible la biodégradation de tous les objets, même les plus simples.









Replanter les livres
Jeter l'encre
Retrouver la mémoire

Livres trouvés dans une boîte à livres sur le chemin 
Lieurac - Ariège - 2021









Fugue de papier

Partition musicale d'une fugue sur un tronc de hêtre
Finieyrols - Aubrac - 2019
Aubrac

Pages de livre de géologie de l’Aubrac sur ardoise de Lauze 
Finieyrols en Aubrac - Lozère - 2019





Branches


Pages de livre d'histoire sur branche
2019







      Après des études d'histoire, de géographie et d'art à l'Université Paris Cité, et l'obtention d'un diplôme en design graphique à l'École Estienne Paris, Erwan Soyer développe depuis 2010 une pratique artistique explorant l’exclus, le mise au rebut, ainsi que les mécanismes de la mémoire et de l'oubli. Son travail puise son inspiration dans la poésie surréaliste, les processus géologiques, les cycles et phénomènes naturels, la physique théorique et les concepts psychologiques.

Travaillant principalement avec des livres et des archives destinés à la destruction – notamment des volumes de physique et de biologie des archives du CNRS destinés à être jetés après numérisation, ou de simples pages de livres récupérées – sa pratique explore l'obsolescence matérielle du papier comme métaphore des processus psychologiques d'effacement et de persistance. Son travail examine ce qui existe en marge : des matériaux qui ont épuisé leur fonction première mais conservent un potentiel latent, tels des souvenirs refoulés recelant une signification dormante au sein de la psyché.

Développant une technique unique de pliage de papier inspirée de l'art baroque et de la géomorphologie, et travaillant les matériaux de manière brute et organique pour évoquer la nature stratifiée de la mémoire, sa démarche peut être qualifiée de Mnémoplastie (du grec mnêmê, mémoire + plastos, modelé) – sculptant la mémoire comme un matériau artistique. Son travail considère la matière papier, support d’informations, comme analogie de la neuroplasticité cérébrale. Le pliage et l'effacement reflètent la manière dont la mémoire n'est ni figée ni perdue, mais perpétuellement remodelable. Son œuvre s'appuie sur des processus scientifiques – transformation métamorphique, fusion chronotopique, discordance géologique, perturbation stochastique et anamnèse psychologique – considérés comme des ressources structurant à la fois l'apparence visuelle et l'expérience mentale des pièces.

Son œuvre a été exposée à l'international, notamment une commande pour la collection privée de l'hôtel Alpina à Gstaad, en Suisse, et des installations in situ à Jackson Hole, dans le Wyoming, et à Villars-sur-Ollon, en Suisse. Ses œuvres figurent également dans des collections privées à New York et à Los Angeles. Il a par ailleurs réalisé de nombreuses commandes pour l'édition et la presse : cinq illustrations pour l'Opéra d'État de Bavière à Munich, deux couvertures de livres pour Juan Villoro publiés par George Braziller à New York, une couverture pour le Süddeutsche Zeitung Magazin et une illustration pour Le Monde Diplomatique.




Commandes - Illustrations


Collectionneur - Los Angeles - 2024 
1 grande piece

Le Monde diplomatique - 2023
1 illustration

The Missouri Review - 2021
Couverture - 1 illustration
 
Domaine du Roc - Villars-sur-Ollon - Suisse - 2021
2 Diptyque (100x70cm)

Süddeutsch zeitung magazine - 2018 
Couverture - 1 illustration

Domaine du Roc - Villars-sur-Ollon - Switzerland - 2017
1 Triptyque (92x73cm - 36x29in)

Edition George Braziller - NYC - 2015-16
2 couverture de livres de Juan Villoro

Shooting Star - Hotel Golf - Jackson Hole - Wyoming - 2015
2 pieces (92x73 cm - 36x29 in and 55x33cm - 21,5x13 in)

Collectionneur - NYC - 2014 
1 grande piece

Trip & Tpm magazines - São Paulo, Brazil - 2014
2 illustrations

Causette magazine - 2013
2 illustrations

Opéra de Bavière - Munich - 2013 
5 illustrations - Max Joseph magazine

Palace Alpina Gstaad - collection permanente - 2012
Triptyque (92x73 cm - 36x29 in) Commandé par Soho Myriad Art consulting - Londres





Expositions- Interventions


2021 - Replanter les livres, Jeter l'encre, Retrouver la mémoire
Festival de Land Art - Lieurac, Ariège

2018 - YONG
MO.CO. Montpellier
Festival Corée d'ici

2015 - RE—PLI
Exposition collective - Centre d'art La Fenêtre
Montpellier

2013 -
More Money More Problems
Exposition collective
3/some Art space - Cergy

2013 - Urgent !! 3
Residence - intervention - performance - Collectif Patrice Soletti
Centre International d'Art et du Paysage
- Vassivière

2012 - 100 Days 100 Curators
Exposition en ligne, Curation : Amanda Hunt
Saatchi Gallery - Londres

2012 - Territoire négatif
Projection photographique basée sur une lecture du texte «Buildings» de Pierre Soletti au Microfestival de Montpellier - La Baignoire





Archives
erwan-soyer.tumblr.com




Gallerie en ligne
The Artling




Contact

06 77 48 50 32 
erwan.soyer.art@gmail.com















Serres d’Auteuil - Paris




Résilientique


La série Résilientique documente les espaces paradoxaux des jardins botaniques—les Serres d'Auteuil à Paris et les jardins de Kew à Londres—où recherche scientifique et spectacle public convergent au sein d'architectures de conservation et de captivité. Photographiées à travers les vitres qui fonctionnent simultanément comme fenêtres et barrières, ces images interrogent l'impulsion persistante de l'humanité à maîtriser le monde végétal.

Cette volonté de contrôler la nature remonte à la révolution néolithique. Les serres en représentent l'aboutissement : des microclimats hyper-contrôlés où température, humidité et lumière sont régulés pour maintenir des écosystèmes arrachés à leurs géographies natives.

Charles Darwin comprenait que la survie dépend de la capacité d'adaptation—une résilience acquise par l'interaction constante avec un environnement changeant. Le paradoxe réside dans le fait que ces espaces conçus pour protéger créent une fragilité nouvelle. Les plantes maintenues en serre développent une dépendance absolue au contrôle humain. Elles perdent leur résilience naturelle. La sanctuarisation devient atrophie écologique : les spécimens survivent uniquement grâce à une médiation technique permanente.

Véritables laboratoires du vivant, ces institutions ont aussi été essentielles à la compréhension scientifique de la biodiversité et à la conservation d'espèces menacées, tout en participant à la diffusion des connaissances botaniques et sources de découvertes pharmaceutiques. La serre émerge alors comme site d'ambivalence : sanctuaire et cage, préservation et contrôle absolu. 











Kew gardens - Londres





Effacement automatique


En dialogue avec les pratiques surréalistes de l'écriture automatique, la série « Effacement automatique » inverse le geste créatif : au lieu de générer du texte par un flux inconscient, ces œuvres exhument une poésie latente par un effacement sélectif. À partir de pages arrachées à des livres abandonnés, elles créent des poèmes accidentels qui émergent de la suppression du texte environnant.

Là où l'écriture automatique cherchait à contourner le contrôle rationnel pour accéder à l'inconscient, l'effacement automatique révèle ce qui sommeille au sein des textes existants : des récits cachés, des juxtapositions inattendues et des ruptures sémantiques auparavant illisibles. L'acte d'effacement devient une forme d'anamnèse, une méthode pour découvrir le sens secret du texte, à l'instar de souvenirs traumatiques qui ressurgissent par intermittence et par fragments, plutôt que par un récit linéaire.

Sur certaines pages, de la peinture à l'huile est appliquée, formant des bulles de mémoire où mots et cartes se mêlent comme des fragments de rêve. Ces bulles évoquent les mécanismes de la cryptomnésie : comment certains mots, phrases ou images surgissent spontanément des profondeurs de la conscience, tandis que d’autres demeurent enfouis, sujets à une sorte d’amnésie.

Tels des rêves qui condensent et altèrent le sens de la pensée, ces effacements automatiques transforment la prose des livres abandonnés en vers énigmatiques – traces d’un inconscient mystérieux, désormais reconfiguré en de nouvelles formes d’une beauté incertaine et fragmentaire. Elles cartographient la topographie de l’oubli, où certains mots deviennent des territoires insaisissables, tandis que d’autres émergent avec une clarté inattendue de la page effacée.





Rêve

Page de livre
2025





Terre

Page de livre
2025





Ma Lisa

Page de livre
2025





Phénix - φοῖνιξ

Grec ancien - Signifiant probablement « rouge sang » 
Page de livre - peinture à l'huile
2025





Pax

Page de livre
2025





Apolline Juna

Page from book
2025





Gloria Erell

Page from book
2025





Tranquille

Page de livre
2025





Jusqu’au

Page de livre
2025





The tempest

Page de livre
2025





Oiseau

Page de livre
2025





Le coup de tonnerre

Page de livre
2025





Oui

Page de livre
2025





Bucolique

Page de livre, peinture à l’huile
2025





Psychogénéalogie

Page de livre, carte, peinture à l’huile
2025





Acte manqué

Page de livre, carte, peinture à l’huile
2025





Aboulie Géopsychique

Page de livre, carte, peinture à l’huile
2025





Histoire ancienne - 古代史

Page d’atlas, peinture à l’huile
2025





Pédagogique


Conçue pour un livre pour enfants, la série éducative présente des collages de légumes gravés, entourés de petites mains curieuses s'adonnant à des expériences ludiques : mesures au pied à coulisse, chronométrage, tapotements au marteau, observation à la loupe. La série utilise l'humour et des juxtapositions surprenantes pour éveiller la curiosité envers les légumes. 

En transformant des aliments familiers en objets d'émerveillement scientifique, elle suggère que les produits du quotidien méritent la même attention et le même respect que les découvertes rares. L'absurdité des expériences – tapoter un champignon, chronométrer un petit pois – crée un humour visuel qui ravive l'intérêt pour les légumes, non pas par des leçons de nutrition, mais par le plaisir de les observer de près et de les imaginer sous un jour nouveau.





Phusis - φύσις

Phénomènes naturels - Grec ancien
Gravure, collage 
2018





Le navet

Gravure, collage 
2018


        


L’asperge

Gravure, collage 
2018





Le champignon

Gravure, collage 
2018





Les pois

Gravure, collage 
2018





Symbiotique


La série Symbiotique explore la place de l'humanité dans l'immensité de l'espace à travers des collages qui superposent images astronomiques, paysages terrestres et silhouettes humaines. Par le biais de découpes en négatif, ces œuvres créent un dialogue visuel entre les échelles : l'infiniment grand dialogue avec l'infiniment petit.

La symétrie des images suggère à la fois appartenance et complémentarité – une relation réciproque entre ce que les humains extraient de la nature et ce que la nature leur impose. L'humanité demeure-t-elle soumise aux forces cosmiques ou est-elle elle-même devenue une force géologique ? À une époque où l'activité humaine remodèle les systèmes planétaires, l’Anthropocène, la série interroge la possibilité de nouvelles formes de symbiose.

En superposant des images d'échelles radicalement différentes – surfaces terrestres, corps célestes, chromatographie – l'œuvre abolit les distances, suggérant que le local et le cosmique, l'intime et le vaste, coexistent sur un continuum. Ce qui en ressort n'est ni la séparation ni la domination, mais une coexistence complexe : des êtres humains façonnés par les forces environnementales, apprenant à coexister au sein de systèmes qui les dépassent, trouvant leur place non par l'exploitation mais par la participation.

















Pandemique


Créée pendant la pandémie de COVID-19, la série Pandémique juxtapose des images de bateaux à des photomicrographies biologiques issues des archives du CNRS – vues agrandies de structures cellulaires et de micro-organismes. La collision d'images nautiques et d'abstractions biologiques crée une métaphore visuelle de la navigation face à une menace invisible : des bateaux dérivant sur des surfaces évoquant des cultures virales, naviguant à travers des paysages corporels agrandis, tentant de traverser des territoires à la fois vastes et microscopiques.

Le bateau, historiquement symbole de voyage et de quarantaine (le terme lui-même dérivé de « quaranta giorni », les quarante jours d'isolement des navires pendant la peste), devient la figure d'une navigation incertaine au cœur d'une crise biologique. Ces embarcations flottent sur ce qui pourrait être des surfaces océaniques ou des membranes cellulaires, traversent ce qui pourrait être des vagues ou des particules virales. 

La pandémie a aboli les distances tout en amplifiant l'invisible : ce qui nous menaçait existait en deçà de la perception, et pourtant ses effets ont été ressentis à l'échelle mondiale. Ces œuvres opèrent dans cette ambiguïté d'échelle – sommes-nous face à des mers ou à des cellules microscopiques ? Les bateaux naviguent dans ces eaux incertaines sans destination précise, incarnant l'expérience de traverser une crise dont l'ampleur et la trajectoire sont restées fondamentalement imprévisibles.




Mars

Photomicrographie biologique
Archives du CNRS - 2021






Avril

Photomicrographie biologique
Archives du CNRS - 2021






Mai

Photomicrographie biologique
Archives du CNRS - 2021





Juin

Photomicrographie biologique
Archives du CNRS - 2021





Juillet

Photomicrographie biologique
Archives du CNRS - 2021





Août

Photomicrographie biologique
Archives du CNRS - 2021





Septembre

Photomicrographie biologique
Archives du CNRS - 2021





Géopoétique


Créée en 2013 lors d'une résidence au Centre International d'Art et du Paysage de l'Île de Vassivière pour URGENT !! 3, une intervention collaborative avec le collectif Patrice Soletti, la série Géopoétique explore la rencontre entre géographie et poésie – une écriture qui émerge du lieu et y répond. Le terme emprunte au mouvement géopoétique fondé par Kenneth White, qui postule que le paysage n'est pas un simple décor, mais un acteur à part entière dans la genèse de la pensée et du langage.

À partir de poèmes écrits par Fabrice Caravaca lors de son tour de l'île, le projet retrace son parcours – une démarche qui fait également écho au concept situationniste de dérive théorisé par Guy Debord, où la marche devient une méthode d'investigation psychogéographique, révélant comment le terrain façonne la perception et l'émotion. 

En parcourant le même circuit et en photographiant ces textes aux endroits où ils auraient été composés, l'œuvre tente de réunir les mots aux paysages qui les ont engendrés, créant ainsi un écho temporel et géographique entre deux explorations séparés par le temps.





















Stochastique


Cette série naît d'une perturbation de l'acte cartographique lui-même. Les cartes – instruments conçus pour fixer l'espace dans des coordonnées stables et rationnelles – sont soumises à des mouvements stochastiques, c'est-à-dire des mouvements aléatoires, lors de leur numérisation, transformant la certitude géographique en traces oscillantes. Il en résulte des artefacts visuels qui ressemblent à des enregistrements de données scientifiques : des sismographes mesurant les mouvements tectoniques, des électrocardiogrammes capturant l'activité électrique du cœur, des électroencéphalogrammes enregistrant l'activité neuronale.

La géographie devient physiologie ; la carte cesse de représenter le territoire et enregistre plutôt les conditions instables de sa propre capture, à l'instar du principe d'incertitude emprunté à la mécanique quantique et à la théorie du chaos. L'acte de mesure en présence de mouvement aléatoire perturbe inévitablement ce qu'il cherche à documenter. Une carte prétend offrir une vérité objective et déterministe, mais l'acte de numérisation en mouvement révèle ce que la cartographie refoule : l'espace n'est jamais statique, le mouvement est inhérent et l'observation elle-même participe à la génération de ce qu'elle observe. Ce qui apparaît sur la page n'est pas un territoire, mais l'interface turbulente entre intention déterministe et déviation stochastique – la collision de l'ordre et du hasard.

Les images qui en résultent oscillent entre contrôle et chaos, rationalité et organicité. Ce sont des cartes qui ont oublié comment cartographier, des données géographiques transformées en signal pur – fréquences visuelles d'un monde en mouvement perpétuel, refusant d'être figé, revendiquant son droit de vibrer, d'osciller et d'échapper aux cadres que nous lui imposons. La réalité, observée en mouvement, devient probabiliste, et le monde résiste à toute tentative de contrôle.




N° 01





N° 02





N° 03





N° 04





N° 05





N° 06





Infinitique


Ces photographies de surfaces de sable en négatif créent des terrains ambigus où l'échelle devient indéterminée. Les images oscillent entre l'infiniment grand et l'infiniment petit – paysages lunaires photographiés depuis l'orbite, ou structures granulaires microscopiques. Un grain de sable ressemble à un cratère ; des rides apparaissent telles des formations galactiques.

Cette effacement d'échelle évoque la convergence recherchée par la théorie du tout : l'unification de la mécanique quantique et la théorie de la relativité générale, qui décrivent respectivement les phénomènes au niveau microscopique et au niveau macroscopique. L'inversion négative déstabilise davantage la perception, ce qui émerge n'est ni paysage, ni microscopie, mais une forme pure existant au-delà de l'échelle humaine, suggérant que la réalité, à son niveau le plus fondamental, opère là où l'infiniment vaste et l'infiniment petit deviennent indiscernables – le territoire où toute théorie du tout doit se situer.